Portrait d’une locomotive : la BB 63000

C'est ici que commence une nouvelle histoire associée à notre passion du modélisme ferroviaire

Un bref historique

Le 10 février 1953 nait la 040 DE 1.

             Le 31 octobre 1961 la SNCF prévoit l’abandon de la numérotation « diesel » de 1948 pour mettre en place au 1er janvier 1962 une nouvelle numérotation similaire à celle employée par la traction électrique. Les 040 DE 1 à 192 sont renumérotées BB 63001 à 192.
La première à recevoir cette nouvelle numérotation est donc la BB 63193 destinée au dépôt de La Plaine.

          Conçues par Brissonneau et Lotz juste après la Seconde Guerre mondiale, elles entrent en service en 1953. Leur but initial est de remplacer les locomotives à vapeur de puissance moyenne aux manœuvres et sur les dessertes locales.
Surnommées les « deux chevaux » du rail pour leur robustesse et leur simplicité, elles ont circulé sur la quasi-totalité du réseau français à voie normale.
La première série des locomotives diesel BB 63000 de la SNCF comprend 250 machines numérotées de BB 63001 à BB 63250 avec moteur Sulzer. Longues de 14,68 m pour 68 tonnes, ces machines étaient destinées d'abord à supplanter la vapeur aux manœuvres et dessertes locales, car elles y étaient beaucoup plus économiques. Leur manque de puissance, limitant leur vitesse de pointe à 90 km/h, ne leur a pas permis de s'illustrer ailleurs.

       

Les BB 63000 ont fréquenté la quasi-intégralité des lignes françaises à voie normale, d’où la possibilité pour nous modélistes ferroviaires de les intégrer dans n’importe lequel de nos réseaux.

        Ces locomotives très fiables ont été exportées en Espagne, en Yougoslavie, au Luxembourg, au Portugal, au Chili, à Cuba ou aux Mines de Mauritanie. Des exemplaires ont également été acquis par des industriels dont les Houillères du Nord, la Régie des Chemins de fer des Bouches-du-Rhône (BDR), etc. En fin de carrière, un bon nombre d'entre elles ont été rachetées ou louées à la SNCF par les CFTA, les CFF en Suisse, les entreprises de travaux de voies, etc.
Leur autonomie était de 900 Km avec 2000 L de combustible.

 

 

Première maquette BB 63 000 de HO Crimée en 1967

 

Des détails qui font la différence

Pour nous modélistes, quelques exemples :

FEUX DE SIGNALISATION (PROJECTEURS FRONTAUX)  

  • montés en position écartée sur des supports en "Y" pour les 63 001 à 158 et les 63 501 à 690 ;
  • montés en position rapprochée sur des supports en tube pour les 63159 à 250, les 63401 à 423 et les 63 691 à 64080. Cette position rapprochée des axes des deux projecteurs est conforme à une prescription régionale "Ouest" ; on retrouve d'ailleurs ce positionnement sur certaines locomotives à vapeur Pacific 3-231 D et G.

MACARONS SNCF

  • sur les faces frontales pour toutes les 63 001 à 250 (6 cylindres), toutes les 63400 et les 63 501 à 980 ;
  • pas de macaron SNCF sur les faces frontales pour les 63 98 là 64 080.

OUÏES DE VENTILATION SUR LES PANNEAUX LATÉRAUX DES CAPOTS

À la sortie d’usine :

  • Sur les 63 001 à 158 et les 63 501 à 660, disposition d'origine à 22 fentes d'aération sur les 2 panneaux du petit capot et 24 fentes d'aération sur les panneaux du grand capot proches de la cabine complétée par 16 fentes sur les panneaux placés près de l'extrémité des machines ;
  • Sur les 63159 à 250, les 63401 à 423 et les 63661 à 64080 dispositions d'origine à 6 fentes d'aération sur les 2 panneaux du petit capot et les 6 ou 7 premiers panneaux du grand capot, les panneaux n° 9 et 10, proches de la cabine, recevant, pour leur part, un bloc de 4 miofiltres disposés en carré.

D’autres détails qui vont changer au fil des années : les coffres rouges sous châssis, les mains courantes, le signal-avertisseur… de quoi amuser un modéliste.

Ci-dessus : BB63 000 livré Arzens orange TGV à St Jory triage Toulousain

Une BB 63226 à Dijon-Perrigny en 2005

Et les maquettes ?

        Alors que la première BB 63000 circule sur les rails français dès le début des années cinquante, il va nous falloir, nous les modélistes, attendre plus d'une dizaine d'années pour pouvoir faire évoluer une reproduction digne de ce nom sur notre réseau HO.
          Il est vrai qu'à l'époque, on ne sait pas con­cevoir - à prix raisonnable - un moteur de taille suffisamment réduite pour pouvoir être logé dans une superstructure aussi exiguë.

 Gégé, HO Crimée et Au Pullman : le temps des pionniers

Les années soixante : tous les HOistes rêvent d'une BB 63 000, tellement que lorsque Gégé sort son modèle en 1964, on le prend pour ce qu'il n'est pas. En fait il ne s'agit que de l'évocation d'une 60030 (ex-PLM), mais on s'en contente jusqu'à ce que le détaillant parisien HO Crimée sorte, lui, une vraie BB 63 000. Superstructure métallique, moteur Pittmann. . . C'est un modèle honorable qui marche bien. Nous sommes en 1967 et deux ans plus tard, celui d'un autre dé­taillant parisien fait sensation : la 63 000 Au Pull­man est bien plus belle, bien plus exacte même si sa cabine n'est pas tout à fait la copie de celle d'une vraie 63 000. Ce modèle, produit en deux numérotations (d'abord la 63 568, puis la 63 614 peu après, suivies de beaucoup d'autres en 040 DE, 63 000 et 63 500), rencontre un tel succès que lorsque Roco sort la sienne en 1980, il prend bien soin de reproduire un en­gin d'une sous série différente.
C'est un modèle à l'échelle exacte, très réussi, qui sera décliné en de nom­breuses versions.

Depuis, sous réserve d’omission :

Roco propose de nombreux modèles 72822, 43467, 43575, 63998, coffrets 51300/51335

REE Modèles propose une 040 DE et plusieurs autres modèles avec des livrées différentes JM 014 et 015 puis JM‑017 à JM‑022 — Livrées vert 301, Arzens, FRET, versions analogiques, DCC Sound, AC 3

Piko propose une 664601 Infra

Fleischmann - coffret analogique start REF 931603 Locomotive diesel BB 63000 avec wagon SNCF Ep.V

R37 à Tours : série haut de gamme des 63 000 épuisée et 63 500 en cours.

Echelle N

En 1982, Roco sort la 63 000 à l’échelle N (voir LR 436).
Depuis : pas d’autres modèles.

Echelle 0

Les deux firmes ayant fait merveille avec la BB 63000 au 1/43,5 sont incontestablement Chabbert et JCR. La reproduction de Gabriel Chabbert sort fin 83. C'est un modèle extraordinaire qui ne sera produit qu'à 70 exemplaires vendus en kit ou prêts à rouler. La 63 000 JCR sort au début des années 2000. C'est modèle haut de gamme, vendu en kit permettant de constru­ire la version de son choix. Tout comme celle de Gabriel Chabbert, cette machine est dotée d'équipement raffinés tels que ventilateur fonc­tionnel, aménagement complet de la cabine, etc Deux beaux modèles recherchés.

Pas d’autres modèles.

BB 63552 avec wagon épurateur en mars 2000

BB 63981 en livré fret en 2004

Les livrées : la valse des styles !

         Potentiellement pour nous les modélistes ferroviaires, beaucoup de modèles différents ! Nées en vert extérieur avec des traverses rou­ges et un bandeau médian jaune bouton d'or, les 63 000 adoptent la livrée unifiée "manœuvres" vert celtique avec traverses et bandes de visibi­lité jaune jonquille à partir du 11 juin 1960. Le transfert d'une livrée à l'autre va prendre quel­ques années et n'a aucun rapport avec le chan­gement de numérotation passant de 040 DE en 63 000. On verra ainsi quelques "040 DE" dans la nouvelle livrée à traverses jaunes et un bon nom­bre de machines marquées "63000" avec l'ancien vert et les traverses rouges ! Décembre 1983 : passant en révision limitée, la BB 63 792 d'Achères reçoit une nouvelle robe plus voyante, œuvre du styliste Paul Arzens qui l'avait conçue pour les locotracteurs Y 8000. Le teinte de base est le chamois. Considérée comme "prototype de décoration", la BB 63 792 reste, dans un premier temps, seule de son espèce, les 63 000 passant à l'époque en révision, continuant à rece­voir la livrée vert celtique. Ce n'est qu'au premier semestre 1985 que quelques machines passant en atelier reçoivent la livrée Arzens "chamois", en alternance avec des vertes. Toutefois, le 1er juillet 1985, il est décidé d'appliquer dorénavant exclusivement la livrée Arzens "chamois". Pour une question de gestion des stocks de pièces de rechange, des persiennes miofiltres teintées en orange sont installées sur des machines peintes en vert celtique. On aime les couleurs ou pas !

         En 1988, nouvelle orientation. Il a été constaté que la peinture "Chamois" a une fâcheuse ten­dance à se décolorer, notamment sur les 63 000 qui assure le refoulement des rames voyageurs dans les machines à laver munies de brosses em­ployant des nettoyants très actifs. Certaines lo­comotives sont devenues rosés, d'autre beiges ou même quasiment blanches ! On remplace donc le "chamois" de la livrée Arzens par l'orange TGV bien plus résistant à l'usage. Ce nouveau plan de peinture de 1988 est appliqué pour la première fois sur la 63 780 de Lyon-Vaise. Cette même an­née, commence une vaste opération de dépose des plaques de numérotations, remplacées par des marquages autocollants. Passant en révision générale le 31 mars 1995, la BB63807de La Villette reçoit le "logo à flèche" de la SNCF, nouveau à l'époque.
Ce diesel reste seul de son espère durant un bon moment puisque ce n'est qu'au début de l'année 1997 que ce "logo à flèche" se voit systématiquement appliqué sur les 63 000.

         C'est la ver­sion "Fret" faisant appel à un joli vert jade qui se concrétise le 28 mars 2002, sur le 63 789 sor­tant de révision générale. Suivent, avec cette livrée verte "Fret", les 63 538, 63 550, 63694, 63 838, 63 868, 63 882, 63981, 64003, 64021 et 64047.

sources  :  Ferrovissimo n°4 de 2005 – Gemini IA  et Wikipédia

Quelques exemples de livrées des BB 63 000